Informations pour les proches

Mon conjoint, mon ou ma partenaire boit

Partager la vie de quelqu’un qui a un problème d’alcool est le plus souvent cause de grande souffrance.

Les situations vécues par les conjoints ou partenaires varient considérablement. Alors que certains craignent pour la sérénité ou la survie de leur couple et ne savent comment affronter cette situation, d’autres vivent depuis longtemps avec quelqu’un qui est gravement dépendant malgré plusieurs tentatives de rétablissement.

Mon copain est accro à l’alcool…

Mon copain est accro à l’alcool: il a tout perdu – ses parents, ses frères et soeurs, son boulot et ses amis – moi je suis encore là, mais je n’en peux plus et ne veux plus continuer comme ça –mais il ne veut pas partir – pourtant je l’ai déjà mis à la porte – jusqu’où faudra-t-il qu’il sombre avant d’entendre raison?
Je voudrais ne plus avoir à faire avec toute cette m... – je bois pas, je fume pas, je travaille, tout ce que je veux, c’est avoir la paix – Que faire et comment faire pour que ça fasse tilt chez lui?

(Tiré d’un forum internet)

La dernière fois…

La dernière fois, elle m’avait promis de ne plus boire et vlan, 3 semaines plus tard, elle était ivre morte, se montrait détestable et faisait un esclandre en public!! Je me suis senti humilié à un point... et devant tous ces gens en plus; ça m’a blessé au plus profond de moi-même!!
La-dessus, j’ai mis fin à notre relation, et voilà qu’elle veut absolument revenir, dit qu’elle en a tiré la leçon et promet de ne plus jamais boire... Mais tout ça, elle l’a déjà dit, comme elle a aussi affirmé que tout serait désormais différent. Mon entourage, en tout cas, se montre très sceptique, au vu tout ce qui s’est passé!

(Tiré d’un forum internet)

Les souffrances et difficultés vécues par les partenaires et conjoints sont aussi diverses que leurs situations. Mais ils ont tous en commun de vivre dans l’entourage immédiat de la personne dépendante et de subir très directement les conséquences de son alcoolisme.

Que faire en tant que conjoint-e ou partenaire?

Faire preuve d’ouverture: dialoguer avec la personne concernée vous permettra de dire ce qui vous inquiète, ce que vous attendez de votre relation et ce qui vous manque ou vous dérange dans la situation actuelle. Ce faisant, vous montrez aussi que cette relation a de l’importance pour vous et que vous voulez que ça marche. Mais que, pour cela, les choses doivent changer.

Finalement, c’est d’abord par le dialogue que vous pouvez aider la personne concernée. Faites-lui part de vos soucis et de vos observations. Parlez-lui de vos sentiments, de vos besoins et de vos limites. Il ou elle pourra ensuite réagir et vous donner son propre point de vue. Votre conjoint est peut-être en mesure de faire des concessions, ou peut-être pas (encore). Si tel est le cas, ne soyez pas étonné-e ou déçu-e: il est fréquent que les personnes alcoolodépendantes nient longtemps leur problème. C’est pour elles une façon de se protéger, car admettre qu’elles ont un problème d’alcool est difficile pour elles et menace l’image qu’elles se font d’elles-mêmes.

Si l’autre ne change pas, ou pas tout de suite, préserver votre propre bien-être devient alors primordial. N’oubliez pas qu’il y a une vie en dehors du problème alcool! Et vous avez le droit d’en profiter et d’exiger une certaine qualité de vie. D’où l’importance de prendre soin de vous, de vous faire plaisir, de pouvoir vous détendre ou avoir des moments exempts de tout souci.

A ce sujet, ne manquez pas de consulter la page "Un ami, une amie ou un autre de mes proches boit".

Trouver sa propre voie n’est pas simple. Il peut aussi être très utile de se faire accompagner dans cette démarche. N’hésitez donc pas à recourir aux services spécialisés, ils sont également là pour les proches. Leurs collaboratrices et collaborateurs sont du reste soumis au secret professionnel et leurs conseils généralement gratuits. Enfin, les groupes d’entraide peuvent eux aussi vous offrir un soutien précieux.

Lorsqu’il y a des enfants

Lorsque l’un des parents ou les deux ont des problèmes d’alcool, s’ensuivent fréquemment des tensions ou des situations auxquelles les enfants sont confrontés sans avoir les moyens d’y faire face. Les enfants comprennent que quelque chose ne va pas au sein de la famille et se sentent souvent coupables de la situation. Ils en souffrent la plupart du temps. Il est important que ces enfants bénéficient de soutien: même en tant que parent ayant un problème d’alcool, vous pouvez beaucoup pour eux! Des informations vous sont données à ce propos dans les brochures «Enfant dans une famille alcoolique» et «Parent avant tout – Parent malgré tout».

Vous pouvez commander ces brochures (frais de port en sus) ou nous envoyer un courrier avec une enveloppe affranchie à votre nom.

Papa boit. Maman boit. Informations pour les enfants et les jeunes.

Informations destinées aux enfants et adolescents

Quand un parent boit trop, c’est souvent difficile pour les enfants. Ils se font du souci et se sentent insécures.

Tu te fais du souci parce que ta mère ou ton père boit beaucoup? Le site www.papaboit.ch ou www.mamanboit.ch est fait pour toi! Tu y trouveras des informations et une aide conçues spécialement en fonction de ton âge, que tu aies entre 8 et 12 ans ou que tu sois plus âgé-e ou adolescent-e. N’hésite donc pas à aller les consulter!
En plus d’informations, ce site t’offrira aussi la possibilité d’entrer en contact avec des professionnels ou d’échanger sur le forum avec d’autres jeunes se trouvant dans une situation semblable.

Ces derniers temps, ma mère boit de plus en plus…

Ces derniers temps, ma mère boit de plus en plus et je ne sais pas quoi faire. Quand elle n’a pas bu, nous passons de super moments ensemble et on s’entend bien. Mais dès qu’elle a bu, les disputes commencent. Y compris avec les voisins.
Que puis-je faire pour l’aider et que ça aille mieux aussi pour moi? Au fond d’elle-même, elle sait bien qu’elle boit trop, même si elle prétend toujours que l’alcool lui sert de calmant...

(Tiré d’un forum internet)

Un de mes parents boit. Informations pour les adultes

Grandir dans une famille alcoolique

Si vous venez d’une famille marquée par l’alcoolisme d’un des parents – ou des deux – il est probable que ce que vous avez vécu enfant continue de marquer l’adulte que vous êtes devenu-e.

Cela explique la force de caractère, l’empathie, le courage et l’optimisme dont font très souvent preuve celles et ceux qui ont grandi dans de telles conditions. Ce qui n’empêche pas que beaucoup, même une fois adultes, continuent de souffrir de ce qu’ils ou elles ont vécu.

Je suis la fille adulte…

Je suis la fille adulte d’un alcoolique…

En ce moment, je n’arrête pas de me demander pourquoi le passé peut à ce point continuer d’influencer quelqu’un. Pourquoi faut-il sans arrêt se battre avec ces fêlures - manque de confiance en soi, perfectionnisme, peur de l’intimité, etc.?
Bien sûr, à force d’y travailler, ça finit par aller un peu mieux. Mais j’aimerais tant que le passé appartienne une bonne fois pour toutes ... au passé! Mais peut-on vraiment en finir avec tout ça?

Peut-on apprendre à avoir une vie moins pesante? A ne pas se la rendre toujours si difficile? J’aimerais tellement pouvoir être insouciante!

(Tiré d’un forum internet)

Il n’est pas rare que les enfants adultes de familles alcooliques éprouvent des sentiments de culpabilité ou aient des problèmes d’estime de soi. Beaucoup ont de la peine à évaluer correctement ce qui est normal dans une relation. Ils présentent en outre un risque accru de maladies psychiques (p.ex. dépression ou crises d’angoisse) ainsi que de dépendance à l’alcool et sont enclins à se lier avec des personnes ayant elles-mêmes des problèmes d’alcool.
Si votre vécu d’enfant continue d’avoir des répercussions sur votre vie, participer à un groupe d’entraide ou suivre une thérapie peut vous permettre de mieux comprendre votre propre histoire et d’acquérir ainsi de nouvelles stratégies d’action.

Vous trouverez plus d’informations dans la brochure «Enfant dans une famille alcoolique» (pages 10 & 11). Vous pouvez commander cette brochure (frais de port en sus) ou nous envoyer un courrier avec une enveloppe affranchie à votre nom.

Un ami, une amie ou une autre personne qui m’est proche boit

Tout le monde ou presque a des connaissances dont la consommation d’alcool est plus ou moins inquiétante. Peut-être aimeriez-vous faire quelque chose mais vous hésitez à intervenir de peur de froisser la personne concernée.

Les personnes ayant un problème d’alcool ont quant à elles souvent beaucoup de peine à se rendre compte de leur état et à admettre qu’elles ont un problème. D’où l’importance d’une réaction de la part de leur entourage, dont les remises en question peuvent les amener à se dire qu’elles devraient peut-être sérieusement réfléchir à leur consommation.

Chercher le dialogue

Le dialogue reste le meilleur moyen de susciter une réaction:

  • N’hésitez pas à interpeller la personne concernée. Faites-lui part de vos préoccupations et de vos observations: «Je me fais du souci.», «J’ai remarqué que...». En parlant de vous-même, vous évitez de l’agresser.
  • Interrogez-la: «Qu’en penses-tu?», «Serais-tu prêt-e à parler de ta situation avec un ou une professionnel-le?» En agissant ainsi, vous évitez d’imposer vos vues et montrez que vous êtes ouvert-e au dialogue.

Cela étant, même si le dialogue est un puissant instrument de motivation, la décision de changer – ou non – appartiendra toujours à la personne concernée. Vous n’êtes donc pas responsable de ce que qu’elle boit. Comme vous n’êtes pas responsable de la décision qu’il ou elle prendra.

Aujourd’hui, mon frère...

Aujourd’hui, mon frère a cru devoir me faire tout un sermon à propos de ma consommation d’alcool.

Je mentirais en disant que ça ne m’a pas donné à réfléchir. N’empêche que je suis de nouveau en train de boire une bière, et que ce ne sera sûrement pas la dernière...

Mais au fait, à partir de quand la consommation d’alcool devient-elle un problème?

(Tiré d’un forum internet)

Ne pas favoriser la consommation

Ne faites rien qui puisse favoriser la consommation d’alcool de la personne concernée. Préférez des fleurs ou un dessert en lieu et place d’une bouteille si vous êtes invité-e, ne lui prêtez pas d’argent si vous pensez qu’elle pourrait l’utiliser pour boire.

Responsabiliser

N’assumez pas à sa place des tâches qui incombent à la personne concernée et ne la protégez pas contre les conséquences de sa consommation. Il est en effet essentiel qu’elle soit confrontée aux réalités entraînées par sa consommation et en assume la responsabilité. Ce sont en effet souvent de tels problèmes qui lui feront comprendre que quelque chose ne joue pas.

Protéger des dangers immédiats

Prenez toute mesure utile pour écarter les risques que peut faire courir la consommation ou l’abus d’alcool: lorsqu’une personne alcoolisée s’apprête à prendre le volant, proposez-lui de vous donner les clés ou d’appeler un taxi. Si elle refuse, renoncez en tous les cas à monter à bord. N’hésitez pas à intervenir également lorsqu’une personne visiblement alcoolisée s’apprête à nager. Lorsqu’une personne perd connaissance en ayant bu, il peut s’agir d’un coma. Mettez la personne sur le côté et appelez sans tarder une ambulance.

Lorsqu’il y a des enfants

Lorsque l’un des parents ou les deux ont des problèmes d’alcool, s’ensuivent fréquemment des tensions ou des situations auxquelles les enfants sont confrontés sans avoir les moyens d’y faire face. Les enfants comprennent que quelque chose ne va pas au sein de la famille et se sentent souvent coupables de la situation. Ils en souffrent la plupart du temps. Il est important que ces enfants bénéficient de soutien: même en tant que parent ayant un problème d’alcool, vous pouvez beaucoup pour eux!

Des informations vous sont données à ce propos dans les brochures «Enfant dans une famille alcoolique»  et «Parent avant tout – Parent malgré tout». Vous pouvez commander ces brochures (frais de port en sus) ou nous envoyer un courrier avec une enveloppe affranchie à votre nom.

Mon ou ma collègue de travail boit

Les membres de l’entourage professionnel sont souvent parmi les premiers à remarquer que quelque chose «cloche» qui pourrait bien être en lien avec un problème d’alcool. En tant que collègues, ils vont tout naturellement se faire du souci pour la personne en question et se demander que faire.

En principe, les collègues de travail peuvent calquer leur manière d’agir sur celle des amis et autres adultes proches "Un ami, une amie ou une autre personne qui m’est proche boit". Donc, si vous vous inquiétez pour un ou une collègue de travail, dialoguer avec elle est la meilleure chose que vous puissiez faire pour l’aider.

Il peut aussi arriver que le problème d’alcool d’un ou d’une collègue affecte ses performances ou vous perturbe dans votre propre travail et vous empêche de fournir les prestations qu’on attend de vous.  Si c’est le cas, vous ne devez pas hésiter à lui en parler. Par ailleurs, sachez que se charger du travail d’un collègue ayant des problèmes d’alcool pour le protéger de réactions négatives de la part de ses supérieurs n’aidera finalement personne, et surtout pas lui.

Ces derniers mois…

Ces derniers mois nous avions bien remarqué, dans l’équipe, qu’il lui arrivait de puer l’alcool en arrivant au travail, d’oublier les horaires, d’être en retard et de perdre sa concentration. On lui en a fait la remarque, d’autant qu’il risquait de perdre sa place. Ça s’est arrangé pendant quelques jours, comme s’il avait pris conscience du problème. Et puis ça s’est de nouveau dégradé, à tel point qu’il n’est pas du tout venu travailler la semaine passée et que personne n’a même réussi à le joindre. Moi, je me suis évidemment fait du souci pour lui, tant et si bien que j’ai fini par aller voir ce qui lui arrivait...

(Tiré d’un forum internet)

Enfin, si vous estimez la sécurité compromise, n’hésitez pas à en parler à votre supérieur hiérarchique.

La brochure «Problèmes d’alcool en milieu professionnel»  vous donnera plus d’informations sur ce que vous pouvez faire au cas où un-e de vos collègues de travail a un problème d’alcool. Vous pouvez commander cette brochure (frais de port en sus) ou nous envoyer un courrier avec une enveloppe affranchie à votre nom.

Mon chef ou ma cheffe boit

Lorsque c’est le chef ou la cheffe qui a un problème d’alcool, il n’est souvent pas facile pour les employés de réagir, car on craint les conséquences possibles et on ne sait pas à qui s’adresser.

Comment on peut ou veut réagir dépend aussi de la nature de la relation que l’on a avec la personne concernée. Lorsque le climat est amical, on peut rechercher un dialogue sur cette base. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur la page un proche boit, "Un ami, une amie ou une autre personne qui m’est proche boit".

Dans le cas où un-e reponsable a lui-même des supérieurs hiérarchiques, ils peuvent être informés du problème afin de pouvoir entamer les démarches nécessaires. Lorsque votre supérieur-e n’a personne au-dessus de lui  et n’est pas responsable envers des tiers à l’extérieur, la situation est plus délicate. Il reste aux employés la possibilité d’un dialogue direct avec leur chef. Il faut dans ce cas prendre le risque de ne pas être entendu ou de subir des répercussions.

L’important est de construire le dialogue autour des inquiétudes que l’on a et sur les faits qu’on a pu observer récemment. Par exemple, des absences plus fréquentes, une négligence face aux tâches, etc. Le dialogue ne doit pas être centré directement sur l’alcool.

Un collaborateur ou une collaboratrice boit

Informations destinées aux responsables d’équipe

L’alcool en milieu professionnel a longtemps été un sujet tabou. Aujourd’hui la problématique est toujours mieux prise en compte. Le monde du travail n’est qu’un reflet de la société, où les problèmes d’alcool peuvent toucher tout un chacun, homme ou femme, quels que soient son âge, son milieu ou sa profession. Il n’est donc pas surprenant qu’on y rencontre également ces problèmes, et ce quels que soient le secteur d’activité, la profession exercée ou le niveau de responsabilité.

En Suisse, on estime que 4% de la population dès 15 ans présentent une dépendance à l’alcool (Addiction Suisse, Kuendig, 2010); cette proportion devrait être sensiblement la même dans le monde du travail.

  • Aimeriez-vous savoir comment réagir si l’un de vos collaborateurs ou l’une de vos collaboratrices a un problème d’alcool?
  • Souhaiteriez-vous introduire un programme de prévention dans votre entreprise?

Le site www.alcoolautravail.ch et l’équipe de prévention d’Addiction Suisse (tél. 021 321 29 76) répondent à ce type de questions.

Offres d’aide

Les consultations en alcoologie sont destinées tant aux personnes ayant un problème d’alcool qu’à leurs proches. Leurs collaboratrices et collaborateurs sont tenus au secret professionnel et la consultation est généralement gratuite.

Vous trouverez leurs adresses dans l’annuaire téléphonique sous  «Consultations d’alcoologie» «Centre d’alcoologie»,  «Centre de prévention et traitement des toxicomanies ou des addictions», ou sous www.infoset.ch (rubrique Traitement et conseil, puis Offres ambulatoires).

Naturellement, vous pouvez aussi nous appeler à Addiction Info Suisse (tél.: 021 321 29 76): c’est bien volontiers que nous vous fournirons des adresses d’institutions de votre région.

Vous obtiendrez des informations sur les groupes d’entraide auprès des services spécialisés régionaux,  et auprès des Alcooliques Anonymes (www.aasri.org) 0848 848 846 pour les personnes concernées ou des Al-Anon (www.alanon.ch) au 0848 848 833 pour les proches.

S’en sortir ensemble

Les problèmes d’alcool affectent non seulement la personne qui boit mais généralement aussi l’ensemble de ses proches, les plus touché-e-s étant celles et ceux qui vivent dans son entourage immédiat: conjoints, partenaires et enfants.

Sortir d’une dépendance à l’alcool est un processus qui exige beaucoup de patience de part et d’autre. Il n’est donc pas rare que cela ne marche pas du premier coup: tant la personne concernée que ses proches doivent faire face à des déceptions, ou à des paroles blessantes. Pourtant, en dépit de toutes ces difficultés, tenter de sortir de la dépendance représente un défi qui mérite d’être relevé, car tout le monde peut y gagner!

Reconnaître qu’on a un problème

Souvent les proches sont les premiers à dire que quelque chose ne va plus et à mettre le doigt sur la consommation d’alcool de la personne concernée. Si celle-ci parvient à reconnaître que l’alcool lui pose problème, elle aura fait un premier pas déterminant en vue d’un éventuel changement.

Se comprendre mutuellement

Comprendre la situation et les sentiments de l’autre est essentiel. En effet, se mettre à la place de l’autre favorise la compréhension mutuelle et reconnaître que la situation n’est pas simple peut aider à accepter et à surmonter des moments difficiles.

Dites-vous donc mutuellement comment vous allez. En parlant de vous-même et non de l’autre, vous éviterez de voir vos paroles mal interprétées et de susciter des réactions de rejet!

S’informer sur ce que vit et ce que ressent l’autre peut aider à mieux le comprendre et à accepter plus facilement la situation. Les personnes concernées pourront par exemple lire des brochures et autres documents destinés aux proches "Un ami, une amie ou une autre personne qui m’est proche boit", et les proches consulter ceux destinés aux personnes concernées.

Comprendre ne veut toutefois pas dire que l’on doive tolérer n’importe quoi! On peut comprendre un comportement sans l’approuver. Et le dire est alors indispensable.

Le soutien aide à progresser

Sortir d’une dépendance revient parfois à emprunter un chemin escarpé. Désaccords sur ce qui devrait être fait et rechutes peuvent engendrer de graves tensions. Bénéficier d’une aide extérieure prend alors toute son importance. Profitez-en: les services spécialisés en alcoologie peuvent vous soutenir, faciliter votre cheminement et vous aider à trouver des solutions en cas de difficultés.

Etre responsable

«Si seulement tu arrêtais de boire, qu’est-ce que j’irais bien, et notre couple aussi!»
«Si seulement tu arrêtais de me chercher, j’aurais plus besoin de boire!»

Peut-être bien... ou peut-être bien que non.

Son propre bien-être ne doit pas seulement dépendre de ce que l’autre fait ou ne fait pas. Chacun est aussi l’artisan de son propre bonheur et doit, à ce titre, assumer ce qui lui arrive. 

  • Celui ou celle qui a un problème d’alcool et désire le surmonter est responsable de vouloir changer quelque chose et de solliciter l’aide dont il ou elle a besoin.
  • Les proches ne devraient toutefois pas se contenter de compter sur une métamorphose subite de l’autre: eux aussi peuvent se faire aider et apprendre comment se détendre.

Rien ne va plus…

La situation peut aussi se dégrader au point de tout remettre en question, y compris le couple. Les conjoints ou partenaires se demandent alors s’ils ne feraient pas mieux de se séparer. Même si les problèmes d’alcool – à l’instar d’autres difficultés – peuvent remettre en cause la poursuite de la vie commune, la décision de se séparer ou non reste une affaire d’appréciation individuelle. Pour beaucoup, c’est clair: puisque ça ne va plus, je m’en vais. D’autres, au contraire, chercheront à s’en sortir différemment, par exemple en se séparant temporairement ou en redéfinissant les modalités de leur vie commune.

Faire appel à un conseiller conjugal peut aider à trouver une solution dans la concertation plutôt que dans le conflit.

Avant j’étais désespérée…

Avant j’étais désespérée. Toutes ces rechutes que j’ai dû endurer, malgré les innombrables sevrages, traitements qui auraient dû l’aider à s’en sortir!

Si c’est ça la vie qu’il veut, si sa décision est de continuer à boire, que puis-je faire sinon m’incliner! Car, même s’il est malade, il reste une personne responsable de ses actes. Malheureusement, il semble qu’il n’ait ni la force ni la volonté d’assumer sa vie sans boire. Okay! Partant de là, je me suis dit: Bon, c’est ainsi! C’est son choix! Et pourtant, il a eu quantité d’occasions, de moyens et de possibilités de s’en sortir. Sans compter toutes les personnes qui l’aiment énormément et n’ont cessé de le soutenir.

Moi, de mon côté, je suis assez forte pour vouloir et pouvoir vivre sans lui et je sais que ça ira. Affronter les tempêtes de la vie n’est pas facile, mais je m’efforce d’y arriver. Je suis comme une nageuse dans une mer déchaînée. Bonne ou pas, je n’ai qu’une solution: Nager encore et encore, toujours plus loin, lancer un bras après l’autre, garder les yeux fermés, respirer et surtout ne pas regarder en arrière.

(Tiré d’un forum internet)

Le but est atteint! Et maintenant?

Il n’est pas rare que celui ou celle qui se libère d’une dépendance change profondément et que les proches peinent à s’adapter à ces changements. C’est que la personne concernée va vouloir occuper un nouveau rôle et une autre place au sein du couple et/ou de la famille, en même temps qu’elle va faire valoir ses besoins et souhaits.

Nombre de proches ont alors de la difficulté à retrouver un équilibre et à renoncer à certaines responsabilités qu’ils avaient dû assumer bon gré mal gré, mais qui étaient par ailleurs gratifiantes et contribuaient à leur estime de soi. C’est pourquoi parvenir à un nouvel équilibre au sein de la famille est si important.

J’ai constaté…

J’ai constaté que ma codépendance me créait aussi des problèmes en dehors de l’alcool. Je remarque chez moi certains des traits propres aux codépendants, notamment avec mes enfants. Bon, ce n’est pas aussi dramatique qu’avec mon ex, mais sur le fond c’est le même mécanisme. Je fais par exemple beaucoup de choses pour mes fils alors qu’ils pourraient parfaitement les faire eux-mêmes. Je dis souvent aussi oui alors que je pense non.

J’ai conscience de devoir faire vraiment très attention. Ce ne sont pas mes enfants qui me causent de la peine, c’est plutôt moi-même qui ne suis pas contente de moi parce que je n’arrive pas à leur imposer des limites et les laisse en faire à leur tête.

L’autre grand problème, c’est ma relation. Son intensité dramatique, les disputes, les mensonges, tout ce tumulte me manque... Non, en fait ça ne me manque pas mais, d’une certaine façon, la vie me semble maintenant fade. Même si je me sens teeeellement bien, avec ce sentiment de sécurité et cette stabilité que je ne voudrais pour rien au monde perdre.

Et pourtant... il y a ce vide, ce manque du «produit» que je n’arrive toujours pas à combler.

(Tiré d’un forum internet)

Les personnes qui parviennent à sortir d’un problème d’alcool a souvent de la peine à se libérer du poids du passé. Elles se sentent responsables et coupables de ce qu’ont vécu leur famille du fait de leur consommation d’alcool et se demandent comment réparer cela.

Dans cette recherche d’un nouvel équilibre au sein de la famille, tant le soutien d’un service spécialisé qu’une thérapie de couple ou familiale peuvent être utiles. Cela aidera à réduire les tensions, facilitera le dialogue et contribuera grandement à prévenir une rechute.

Qui nous sommes ?

Addiction Suisse entend prévenir ou réduire les problèmes liés à la consommation d’alcool et d’autres substances psychoactives ou à des comportements susceptibles d’entraîner une addiction. Elle conçoit et met en place des projets de prévention et s’engage dans la politique de la santé et la recherche psychosociale. Addiction Info Suisse est une organisation privée, indépendante de tout parti politique, reconnue d’utilité publique.

Plus d’informations sur Addiction Suisse.

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